Premier sujet du blogue; un thème semi-tabou. Mais comme c’est aussi la question du sondage actuel, abordons cette « problématique » en tentant de demeurer neutre.
Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un élément important qui chez certains, va de soi; chez d’autres, est un irritant qui peut mener à l’indifférence et/ou au refus.
La continuité des voix n’est pas unique au Qc! On a qu’à écouter les 4 doublages français des films d’Indiana Jones pour constater qu’une voix en vaut trois autres!!!
Nous sommes bien loin de la constance reliée à la voix de Roger Moore, associée à feu-Claude Bertrand, présente sur les séries « Le Saint », « Amicalement Vôtre » et les films de James Bond! Ou de Woody Allen, doublé par Bernard Murat jusqu’en 1993.
Ici, à part de rares exceptions, Bruce Willis a été doublé par Jean-Luc Montminy. Nous associons la voix de Mel Gibson à Hubert Gagnon. Celle de Susan Sarandon à Claudine Chatel. Jodie Foster, lorsqu’elle ne se double pas elle-même, l’est par Marie-Andrée Corneille.
S’il est tout-à-fait normal (je dirais même sain) d’avoir une alternative sur le choix d’un casting (congé de vacances, maladie, retraite, décès), qu’en est-il lorsque un acteur est associé à plus de 5 voix d’acteurs-doubleurs actifs?
D’autres facteurs entrent en ligne de compte: l’enfant d’antan qui a grandement changé; un ‘miscasting’ qui demande ajustement; auditions exigées par producteurs et/ou réalisateurs (nous y reviendrons dans un autre sujet de blogue).
Mais aussi le facteur compatibilité entre le directeur de plateau et l’acteur; le jugement du directeur face à l’énergie du personnage à doubler ou du type de film (comédie légère ou tragédie?).
Il existe trois sources d’informations pour l’aide au casting en doublage, faciles d’accès pour les intervenants:
Une liste de corrélations acteurs/doubleurs, gérée par le distributeur Alliance Vivafilm; une liste similaire propre à certains studios de doublage; et notre banque de données comprenant déjà plus de 1800 fiches de films doublés au Qc.
Il faut comprendre que cela demeure des outils. Il n’y a pas de règles internes dans l’industrie (outre la demande de distributeurs pour des suites tel que les volets Harry Potter), ni d’exigences syndicales en ce sens.
Et si certains intervenants (employés de studios, acteurs) peuvent influencer certaines décisions, il revient aux directeurs d’établir leur casting.
Quant aux cinéphiles, ceux qui paient leur entrée au cinéma et achètent les dvds – et donc, indirectement, le salaire des artisans du doublage – qu’en est-il? La continuité des voix est-elle importante pour eux?
À vous d’y répondre via ce blogue ou le sondage.