Archive pour octobre 2009

La qualité du français en doublage

Samedi 10 octobre 2009

Voilà un sujet bien épineux.
C’est pourquoi je tiens à préciser qu’en aucun cas je ne vise à dénigrer le travail effectué par les comédiens, les directeurs et les adaptateurs. Bien qu’ils soient, en bout de ligne, garants du traitement de la langue dans les doublages.

Il y a la langue: le phrasé (en doublage, il faut respecter le rythme du phrasé original), l’accent (international, joual, pointilleux (pour le marché français), avec accents étrangers), qualité de la diction et de l’élocution, etc.

Et il y a la qualité du texte: choix de l’adaptateur et corrections/changements du directeur, vocabulaire/syntaxe, choix de la langue parlé (voir “accent”), références à l’original (culture, humour, propos général), etc.

Oublions le processus de détection et d’édition de copies qui peuvent altérer le résultat final d’un doublage (je pense à “Trailer Park Boys” ou “White Noise 2″ qui offre un décalage image-doublage). Cela est d’ordre technique.

Mais la qualité du français est un choix. Une responsabilité. Et donc, redevable. D’autant plus que s’il ne s’agit pas d’une commande expresse (“South Park” pour “V”), le choix revient au studio et/ou au producteur de passer la commande à l’adaptateur, qui travaillera en fonction du langage désiré.

Il existe des classiques ayant utilisé le joual avec succès:
“Les Simpsons” (un joual soigné). “Slap Shot” et la trilogie “Flodder” (“Les Lavigueur”), utilisant un joual plus vulgaire.
Et comment imaginer les films de Cheech & Chong sans le doublage en joual? Ça ne les rend que plus drôles!
Et est-ce que “Polyester” aurait mérité un doublage en international? Poser la question…
“Trailer Park Boys” en français international n’aurait pas passé la barre. Ce serait à la limite de l’absurde.
Ce sont, toutefois, des exceptions.

Mais que dire des expérimentations où les accents diffèrent? L’expérience “Ally McBeal”, par exemple. Ou plus récemment, “American Dad”. On peut se poser la question. Est-ce un choix de l’industrie ou de la direction artistique? Et pourquoi?

Bien sûr, certains diront que le français international est déjà un langage fabriqué. Mais nager entre deux eaux est risqué. Est-ce une approche artistique qui veut démontrer que dans la vie de tous les jours, nous ne parlons pas tous de la même façon? Ce serait louable et concret. Mais l’oreille des auditeurs est-elle prète à cela? Et comment gérer ces différences afin que ce soit ‘écoutable’ sans déranger? Que ce soit ‘digeste’?

Plusieurs courriels reçus consistent en des demandes d’Informations (et des candidatures!). Mais beaucoup aussi sont des plaintes reçues concernant la qualité du français. Donc, c’est important pour certains auditeurs!!

Mais il est certain que la rapidité demandée aux adaptateurs (y compris en documentaire et télé-réalité) est parfois à la limite de l’essoufflement. En plus des contraintes multiples (terminologie, durées à respecter, phrasé le plus naturel possible, références culturelles,etc.), la connaissance du français d’un adaptateur doit être impeccable. En plus d’être aussi traducteur!

Donc, je crois qu’en tenant compte des divers facteurs influant le tout, il ne faut pas perdre de vue que l’apport du langage utilisé en doublage est un élément important de la qualité générale du français au Québec.