La qualité du français en doublage

Voilà un sujet bien épineux.
C’est pourquoi je tiens à préciser qu’en aucun cas je ne vise à dénigrer le travail effectué par les comédiens, les directeurs et les adaptateurs. Bien qu’ils soient, en bout de ligne, garants du traitement de la langue dans les doublages.

Il y a la langue: le phrasé (en doublage, il faut respecter le rythme du phrasé original), l’accent (international, joual, pointilleux (pour le marché français), avec accents étrangers), qualité de la diction et de l’élocution, etc.

Et il y a la qualité du texte: choix de l’adaptateur et corrections/changements du directeur, vocabulaire/syntaxe, choix de la langue parlé (voir « accent »), références à l’original (culture, humour, propos général), etc.

Oublions le processus de détection et d’édition de copies qui peuvent altérer le résultat final d’un doublage (je pense à « Trailer Park Boys » ou « White Noise 2″ qui offre un décalage image-doublage). Cela est d’ordre technique.

Mais la qualité du français est un choix. Une responsabilité. Et donc, redevable. D’autant plus que s’il ne s’agit pas d’une commande expresse (« South Park » pour « V »), le choix revient au studio et/ou au producteur de passer la commande à l’adaptateur, qui travaillera en fonction du langage désiré.

Il existe des classiques ayant utilisé le joual avec succès:
« Les Simpsons » (un joual soigné). « Slap Shot » et la trilogie « Flodder » (« Les Lavigueur »), utilisant un joual plus vulgaire.
Et comment imaginer les films de Cheech & Chong sans le doublage en joual? Ça ne les rend que plus drôles!
Et est-ce que « Polyester » aurait mérité un doublage en international? Poser la question…
« Trailer Park Boys » en français international n’aurait pas passé la barre. Ce serait à la limite de l’absurde.
Ce sont, toutefois, des exceptions.

Mais que dire des expérimentations où les accents diffèrent? L’expérience « Ally McBeal », par exemple. Ou plus récemment, « American Dad ». On peut se poser la question. Est-ce un choix de l’industrie ou de la direction artistique? Et pourquoi?

Bien sûr, certains diront que le français international est déjà un langage fabriqué. Mais nager entre deux eaux est risqué. Est-ce une approche artistique qui veut démontrer que dans la vie de tous les jours, nous ne parlons pas tous de la même façon? Ce serait louable et concret. Mais l’oreille des auditeurs est-elle prète à cela? Et comment gérer ces différences afin que ce soit ‘écoutable’ sans déranger? Que ce soit ‘digeste’?

Plusieurs courriels reçus consistent en des demandes d’Informations (et des candidatures!). Mais beaucoup aussi sont des plaintes reçues concernant la qualité du français. Donc, c’est important pour certains auditeurs!!

Mais il est certain que la rapidité demandée aux adaptateurs (y compris en documentaire et télé-réalité) est parfois à la limite de l’essoufflement. En plus des contraintes multiples (terminologie, durées à respecter, phrasé le plus naturel possible, références culturelles,etc.), la connaissance du français d’un adaptateur doit être impeccable. En plus d’être aussi traducteur!

Donc, je crois qu’en tenant compte des divers facteurs influant le tout, il ne faut pas perdre de vue que l’apport du langage utilisé en doublage est un élément important de la qualité générale du français au Québec.

2 commentaires sur “La qualité du français en doublage”

  1. markyoloup dit :

    En lisant ce reportage, je me rend compte que doublé n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Je lève mon chapeau à ceux et celle qui travail d’arrache pied dans ce domaine pour nous divertir :-)

  2. Spock dit :

    Il est bien évident que la qualité du français est importante dans les doublages. Toutefois, il importe de se rappeler que la traduction choisie pour un doublage est également tributaire au scénario original du film doublé en question. Or, si la qualité de la langue de la version originale est médiocre et, voulu de cette façon en rapport à l’histoire du film, il serait alors plutôt ridicule à ce moment là, de doubler dans un excellent français alors que ce n’est pas ce que veut le scénario original à prime abord… Il faut tout de même garder une cohérence avec la version originale.

    Les cinéphiles québécois à la longue, deviennent peut-être plus exigeant quant à la qualité d’un doublage. Ils s’attendent à une belle qualité de français, des voix qui ne reviennent pas trop souvent mais qui, en revanche, tiennent à conserver la continuité des voix. Tout ça est parfaitement légitime et correct.

    Mais gardons toutefois à l’idée que les grands distributeurs américains ne donnent pas une grande marge de manoeuvre pour effectuer tout ce processus essoufflant qu’est la réalisation d’un doublage avec tout ce cela comporte. Dans des délais aussi courts que ces derniers exigent, il est quelques fois normal d’y retrouver des voix qui reviennent un peu plus souvent. Donc, des artistes doués et habitués à ce genre de stress. Néanmoins, constatez tout de même, l’excellent travail qui en ressort. Compte tenu de tout ce qui est exigé ! Ce n’est pas rien.

    Pour en revenir à la qualité du français, pour ma part, je le trouve exemplaire ! Il est bien souvent adapté et, à la fois, « ajusté » à nous au Québec.

    C’est un accent international (sauf exception) avec une phonétique des noms tel que nous le prononçon au Québec, des mots et des expressions d’ici tel que nous les utilisons… Comparez par vous-même avec ce qui vient d’ailleurs. Certains aiment peut-être moins mais c’est pourtant ce qui nous différencie de l’hexagonal. C’est un doublage qui s’oublie. Il passe bien, il nous ressemble. Soyez certain que je ne dénigre pas du tout ce qui est doublé en France ou en Belgique mais sachez que le québécois que je suis est très fier de l’excellent travail exercé par nos artistes d’ici dans le domaine du doublage. Depuis le début du procédé jusqu’au final derrière le micro.

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